Test et prise en main de la tronxy X5SA pour vos projets d’impression 3D

L’impression 3D grand format représente un défi technique majeur pour les fabricants d’imprimantes FDM, particulièrement dans le segment des machines abordables. La Tronxy X5SA s’impose comme une solution intéressante pour les makers recherchant un volume d’impression généreux sans compromettre leur budget. Cette imprimante CoreXY propose un espace de travail de 330x330x400mm, positionnant directement cette machine face aux références établies du marché comme l’Ender 3 V2 ou l’Artillery Sidewinder X1.

Le choix d’une architecture CoreXY pour une imprimante de cette gamme de prix suscite naturellement des interrogations quant à la qualité d’assemblage et aux performances réelles. Les retours d’expérience des utilisateurs révèlent un panorama nuancé, oscillant entre satisfaction pour le rapport qualité-prix et frustrations liées aux ajustements nécessaires post-assemblage. Cette machine nécessite-t-elle réellement des modifications importantes pour atteindre ses performances optimales ?

Déballage et assemblage de la tronxy X5SA : analyse des composants CoreXY

Le déballage de la Tronxy X5SA révèle immédiatement l’ambition du constructeur : proposer une imprimante grand format avec une architecture sophistiquée à un tarif accessible. L’emballage soigné protège efficacement les composants sensibles, notamment la carte mère et l’écran tactile. La documentation fournie, bien qu’en anglais, présente des schémas suffisamment détaillés pour guider l’assemblage, même pour un utilisateur novice.

L’inventaire des pièces confirme la qualité variable des composants. Les éléments structurels comme le châssis en profilés aluminium démontrent une finition correcte, tandis que certains accessoires comme les guides à billes en plastique peuvent nécessiter un remplacement préventif. Cette disparité qualitative caractérise les imprimantes de ce segment tarifaire, où l’optimisation des coûts influence directement le choix des composants.

Identification du châssis en profilés aluminium 2040 et vérifications dimensionnelles

Le châssis de la X5SA repose sur des profilés aluminium 2040 standard, offrant une rigidité structurelle satisfaisante pour le volume d’impression proposé. La géométrie du bâti présente une configuration en portique avec plateau mobile en Z, caractéristique des architectures CoreXY. Les connexions utilisent des équerres métalliques et des vis M5, assurant un assemblage robuste lorsque le serrage est correctement réalisé.

La vérification dimensionnelle du châssis s’avère cruciale pour garantir les performances futures de l’imprimante. Les tolérances de fabrication des profilés peuvent induire de légers décalages, particulièrement visibles sur les diagonales du cadre. Un contrôle systématique à l’équerre et au mètre ruban permet d’identifier ces écarts avant de poursuivre l’assemblage. Cette étape préventive évite de nombreux problèmes de calibration ultérieurs.

Montage du système d’extrusion CoreXY avec courroies GT2 synchrones

L’assemblage du système CoreXY constitue l’étape la plus délicate de la construction. La Tronxy X5SA utilise des courroies GT2 de 6mm de largeur, un choix judicieux pour minimiser les déformations sous contrainte. Le routage des courroies suit un schéma complexe impliquant quatre poulies de renvoi et deux moteurs pas-à-pas, nécessitant une attention particulière pour

respecter le croisement correct. Une courroie mal croisée ou inversée se traduira par des mouvements incohérents sur les axes X et Y, rendant toute calibration impossible. Il est donc recommandé de suivre le schéma constructeur pas à pas, voire de le redessiner sur papier pour bien visualiser le cheminement des courroies GT2. Une fois le routage effectué, la tension doit être ajustée de manière équilibrée sur les deux boucles, afin d’éviter d’introduire un déséquilibre qui pourrait générer du skew (décalage angulaire) sur les impressions de grande taille.

La tension des courroies sur la Tronxy X5SA se règle via des tendeurs mécaniques situés en façade. Un serrage excessif peut entraîner une usure prématurée des roulements et une surcharge des moteurs pas-à-pas, tandis qu’une tension insuffisante provoquera du jeu et des vibrations, visibles sous forme de ghosting sur les parois verticales. Vous pouvez utiliser la méthode « pincement et vibration » (la courroie doit produire un son clair et tendu, sans être « raide comme une corde de guitare ») ou, pour les plus rigoureux, un tensiomètre dédié. Dans tous les cas, il vaut mieux ajuster progressivement et tester les déplacements manuels via l’écran avant de lancer la première impression.

Installation de la carte mère MKS gen L et configuration des drivers TMC2208

La Tronxy X5SA est souvent livrée avec une carte propriétaire de type Chitu, mais de nombreux utilisateurs choisissent de la remplacer par une carte mère MKS Gen L pour profiter d’un firmware Marlin pleinement configurable. Le montage physique de la MKS Gen L est relativement simple : il s’agit de fixer la carte dans le compartiment électronique, puis de reconnecter les nappes et câbles des moteurs, capteurs de fin de course, cartouches de chauffe et ventilateurs sur les borniers correspondants. Un marquage soigneux des câbles avant démontage est indispensable pour éviter les inversions ultérieures.

Les drivers de moteurs pas-à-pas TMC2208 constituent une amélioration majeure pour réduire le bruit de fonctionnement de l’imprimante FDM. Ces modules, insérés sur les emplacements X, Y, Z et extrudeur, doivent être orientés correctement (respect de la broche EN et du sens des pins). Le réglage du courant moteur (Vref) se fait à l’aide d’un petit tournevis et d’un multimètre ; un courant trop élevé chauffe les moteurs et les drivers, tandis qu’un courant trop faible provoque des pertes de pas. En pratique, on vise généralement une valeur comprise entre 0,85 V et 1,0 V pour les axes X/Y sur ce type de machine, en adaptant selon le bruit et la chauffe observés.

Une fois les TMC2208 installés, il convient de vérifier que le mode de fonctionnement (StealthChop ou SpreadCycle) est adapté à l’architecture CoreXY. Pour des déplacements rapides et précis sur un volume de 330x330x400 mm, un compromis entre silence et couple moteur est nécessaire. C’est ici que la configuration firmware Marlin entre en jeu, permettant d’activer ou non certaines fonctionnalités avancées des drivers Trinamic (interpolation 256 micro-pas, gestion de courant dynamique, etc.). Nous reviendrons sur ces réglages dans la section dédiée au firmware.

Calibrage du plateau chauffant en verre borosilicate 330x330mm

Le plateau chauffant de la Tronxy X5SA repose sur une surface en verre borosilicate de 330×330 mm, offrant une bonne planéité globale, un atout important pour l’impression 3D grand format. Le calibrage commence par le contrôle mécanique : il faut vérifier que la plateforme en Z se déplace sans point dur et que les vis de guidage sont parallèles. Une fois cette base mécanique validée, on peut procéder au nivellement manuel en utilisant les quatre vis moletées situées sous le plateau.

Le principe consiste à amener la buse au-dessus de chaque coin, puis à ajuster la hauteur jusqu’à obtenir un léger frottement sur une feuille de papier standard (environ 0,1 mm d’épaisseur). Cette méthode, bien que simple, reste très efficace si l’on prend le temps de répéter le cycle plusieurs fois, car chaque réglage local modifie légèrement la géométrie globale. Pour une imprimante CoreXY comme la X5SA, une bonne planéité initiale est cruciale : un défaut de l’ordre de 0,2 mm sur un coin se traduira par des premières couches irrégulières, voire un décollement partiel de pièces longues en PLA ou PETG.

Pour améliorer l’adhérence, de nombreux utilisateurs appliquent une fine couche de colle en bâton ou de laque sur le verre borosilicate, surtout lors d’impressions d’ABS ou de PETG de grande taille. Une alternative consiste à ajouter une surface type PEI flexible ou un buildtak, mais cela ajoute une épaisseur à prendre en compte dans le réglage du Z offset. Vous pouvez considérer le plateau comme la « fondation » d’une maison : s’il n’est pas parfaitement posé et plan, toute la structure au-dessus en pâtira.

Caractéristiques techniques et spécifications matérielles de l’imprimante FDM

Au-delà de l’assemblage, la Tronxy X5SA se distingue par un ensemble de caractéristiques techniques qui la positionnent comme une imprimante FDM de milieu de gamme orientée grand volume. Avec son architecture CoreXY, son plateau chauffant et sa compatibilité avec plusieurs types de filaments, elle se veut polyvalente pour des projets allant de la maquette architecturale au prototypage fonctionnel. Mais que vaut réellement ce compromis entre prix, volume d’impression et qualité mécanique ?

Comprendre les spécifications matérielles permet de savoir si cette machine répondra à vos besoins spécifiques. Volume utile, type de hotend, extrudeur Bowden, électronique en 24 V : chaque élément influe sur la qualité d’impression 3D et sur la facilité d’utilisation au quotidien. Nous allons parcourir ces points clés, en les confrontant aux usages les plus courants des makers et petites structures.

Volume d’impression 330x330x400mm et compatibilité multi-matériaux PLA/ABS/PETG

Le volume d’impression de 330x330x400 mm place la Tronxy X5SA dans la catégorie des imprimantes 3D grand format accessibles. Ce volume est suffisant pour imprimer des pièces de cosplay en une seule fois, des maquettes de bâtiments ou des prototypes techniques de grande taille. Contrairement à une Ender 3 V2, limitée à 220x220x250 mm, vous réduisez fortement la nécessité de scinder vos modèles en plusieurs parties, ce qui simplifie l’assemblage et améliore la résistance mécanique globale.

Sur le plan des matériaux, la X5SA prend en charge les filaments 1,75 mm classiques : PLA, ABS, PETG, TPU, voire certains composites bois / carbone avec les buses adaptées. Le plateau chauffant et le caissonage éventuel (caisson DIY ou imprimante placée dans une enceinte) permettent d’envisager l’ABS ou l’ASA, à condition de bien gérer la température ambiante pour éviter le warping. Pour le PLA et le PETG, qui représentent plus de 80 % des usages en impression 3D de bureau selon les sondages de la communauté, la machine offre un compromis intéressant entre vitesse, volume et stabilité.

Il faut néanmoins garder à l’esprit qu’un grand volume d’impression ne signifie pas systématiquement que vous l’utiliserez à 100 % en permanence. Beaucoup d’utilisateurs impriment majoritairement de petits objets, mais apprécient la liberté offerte par une grande surface lorsque le besoin se présente. On peut comparer cela à un coffre de voiture : il est rare de le remplir totalement, mais dans les rares moments où l’on déménage ou part en vacances, on est heureux de disposer de cette marge.

Système de nivellement manuel par vis moletées et capteur de fin de course

La Tronxy X5SA, dans sa configuration de base, repose sur un système de nivellement manuel par vis moletées, couplé à des capteurs de fin de course mécaniques sur les axes X, Y et Z. Ce choix, plus économique qu’un auto-nivellement type BLTouch, reste efficace si l’on accepte de consacrer quelques minutes à chaque changement majeur de configuration (changement de surface d’adhérence, démontage du plateau, etc.). Le capteur de fin de course Z sert de référence pour la hauteur de buse, à partir de laquelle on ajuste le Z offset dans le firmware ou sur l’écran.

Pour améliorer le confort d’utilisation, de nombreux utilisateurs installent un capteur de type inductif ou capacitif, voire un BLTouch, permettant un mesh leveling automatique de la surface. Sur une imprimante 3D grand format comme la X5SA, cette mise à niveau automatique est particulièrement intéressante : elle compense les légères déformations du plateau sur une surface de 330×330 mm, notamment lorsque celui-ci est chauffé à 80–100 °C pour l’ABS ou certains PETG. Vous n’êtes pas obligé de passer à l’auto-nivellement dès le début, mais c’est clairement un upgrade à envisager.

L’absence d’auto-nivellement d’origine peut être perçue comme une limitation, mais elle a aussi un avantage pédagogique : elle oblige à comprendre comment fonctionne la première couche, pourquoi un plateau trop haut « étrangle » le filament, et pourquoi un plateau trop bas provoque un manque d’adhérence. Cette compréhension fine vous sera utile quelle que soit la machine FDM que vous utiliserez par la suite.

Hotend E3D V6 clone avec buse 0.4mm et chauffe en 24V

La hotend fournie sur la Tronxy X5SA est généralement un clone d’E3D V6, avec une buse de 0,4 mm et une cartouche de chauffe en 24 V. Cette configuration standard permet d’atteindre rapidement des températures de 200–250 °C, suffisantes pour la majorité des filaments usuels (PLA, PETG, TPU, certains nylons basiques). L’utilisation du 24 V améliore la réactivité thermique par rapport aux anciennes générations en 12 V, ce qui se traduit par un contrôle plus stable de la température lors de variations rapides de débit.

Comme pour de nombreux clones, la qualité du break (tube coupe-chaleur) et du bloc chauffant peut varier. Pour des impressions régulières en PETG à 240 °C ou plus, il peut être pertinent de passer à un heatbreak bimetal ou full métal afin d’éviter la dégradation du tube PTFE dans la zone chaude. L’avantage de la compatibilité E3D V6 est la disponibilité de nombreuses pièces de rechange et upgrades (buses en laiton, acier trempé, buses rubis, blocs Volcano, etc.) qui permettent d’adapter la machine à vos besoins : impression fine en 0,25 mm ou débit massif en 0,8 mm pour des pièces techniques.

La buse de 0,4 mm reste un excellent compromis pour débuter : elle offre un bon équilibre entre vitesse d’impression, finesse des détails et fiabilité de l’extrusion. Vous pouvez considérer la hotend comme le « stylo » de votre imprimante : changer de plume (buse) permet de modifier le style, mais la qualité de l’encrier (gestion de la température et du filament) reste tout aussi essentielle.

Extrudeur bowden MK8 et gestion des filaments 1.75mm

L’extrusion sur la Tronxy X5SA est assurée par un extrudeur Bowden de type MK8, situé sur le châssis et relié à la hotend via un tube PTFE. Ce choix réduit la masse en mouvement sur la tête d’impression, ce qui est particulièrement pertinent pour une architecture CoreXY où les axes X et Y sont sollicités simultanément. En contrepartie, le Bowden introduit une certaine élasticité dans le chemin du filament, rendant la gestion de la rétraction plus sensible.

Pour le PLA et le PETG, un Bowden correctement réglé fonctionne très bien, à condition de calibrer avec soin les paramètres de rétraction dans votre trancheur (distance et vitesse). En revanche, pour les filaments très souples comme le TPU, la longueur du tube PTFE peut compliquer les choses : le filament a tendance à se comprimer et à onduler dans le tube, ce qui peut conduire à des bouchages. Certains utilisateurs contournent ce problème en raccourcissant le tube au maximum, voire en installant un kit d’extrusion directe sur le chariot X pour transformer la machine en direct drive.

Le MK8 d’origine peut également être remplacé par un extrudeur de type BMG ou Titan, offrant un meilleur contrôle du filament grâce à une démultiplication interne. Cette amélioration est particulièrement utile pour les impressions de précision ou pour les matériaux exigeants. Quoi qu’il en soit, la bonne pratique consiste à calibrer l’esteps/mm de l’extrudeur (via Marlin ou votre écran) afin de garantir que 100 mm demandés correspondent réellement à 100 mm extrudés.

Configuration logicielle marlin et paramétrage avancé du firmware

Passons maintenant à la partie logicielle, souvent redoutée mais essentielle pour tirer le meilleur parti de la Tronxy X5SA. Si vous optez pour une carte mère MKS Gen L ou similaire, vous aurez la possibilité d’installer un firmware Marlin récent, entièrement personnalisable. Cette approche demande un peu de temps d’apprentissage, mais elle offre un contrôle très fin sur chaque aspect de l’imprimante : cinématique CoreXY, limites logicielles, vitesses, accélérations, gestion des drivers TMC2208, auto-nivellement, etc.

La configuration de base consiste à adapter le fichier Configuration.h (et, si besoin, Configuration_adv.h) aux caractéristiques matérielles de la X5SA : dimensions du plateau, type de capteurs de fin de course, inversion éventuelle des axes, pas par millimètre, type de thermistances et de drivers. Des profils spécifiques pour Tronxy X5SA circulent dans la communauté et peuvent servir de point de départ. Il est conseillé de compiler et de flasher une première version « minimale mais fonctionnelle », puis d’ajouter progressivement les fonctionnalités avancées.

Les réglages des accélérations (ACCELERATION, TRAVEL_ACCELERATION) et du JERK (ou JUNCTION_DEVIATION selon la version de Marlin) ont un impact direct sur la qualité des impressions grand format. Des valeurs trop élevées augmenteront le risque de vibrations et de ghosting, tandis que des valeurs trop faibles ralentiront inutilement les impressions. Sur une CoreXY comme la X5SA, on trouve souvent un bon compromis autour de 800–1200 mm/s² pour les accélérations et 8–10 mm/s pour le jerk de déplacement, mais ces chiffres doivent être ajustés en fonction de votre rigidité de châssis et de vos attentes.

Enfin, une fois Marlin correctement configuré, vous pourrez exploiter pleinement les profils de trancheurs modernes (PrusaSlicer, Cura, SuperSlicer, etc.) sans dépendre des limitations d’un firmware propriétaire. Vous bénéficierez également des mises à jour régulières de la communauté Marlin, incluant des correctifs de sécurité, des optimisations de mouvement et de nouvelles fonctionnalités (linéar advance, input shaping sur certaines plateformes, etc.). C’est un investissement en temps qui se traduit, à moyen terme, par une plus grande stabilité et une meilleure maîtrise de votre imprimante 3D.

Tests d’impression avec modèles de calibration benchy et tour de température

Une fois l’assemblage terminé et le firmware configuré, vient le moment de vérité : les tests d’impression. Pour évaluer la qualité réelle de la Tronxy X5SA, il est judicieux de commencer par des modèles de calibration standard, tels que le fameux 3DBenchy et les tours de température. Ces objets, bien connus de la communauté, permettent d’identifier rapidement les forces et faiblesses de la machine : précision dimensionnelle, gestion des ponts, surplombs, stringing, etc.

La tour de température, par exemple, consiste en une colonne divisée en segments imprimés à des températures d’extrusion différentes (par tranches de 5 °C). Pour un PLA donné, vous pouvez tester de 190 °C à 215 °C, tandis que pour le PETG vous viserez plutôt 220–245 °C. En observant l’aspect de chaque segment (brillance, cohésion des couches, quantité de fils parasites), vous identifiez la plage de température idéale pour votre filament et votre hotend. Ce réglage fin a un impact directe sur la qualité globale des impressions, en particulier sur de grandes hauteurs où une mauvaise adhésion inter-couche peut conduire à des ruptures.

Le 3DBenchy, quant à lui, est un excellent test de torture : il combine surfaces planes, arrondis, détails fins (texte, hublots), ponts, surplombs et petites colonnes. Sur une Tronxy X5SA correctement montée et calibrée, vous devriez obtenir un Benchy propre avec des couches régulières, des ponts nets et un minimum de stringing, à condition d’avoir optimisé les paramètres de rétraction et de ventilation. Si vous observez des défauts récurrents (patins écrasés, trous obstrués, parois gondolées), cela vous donnera des pistes de réglage : vitesse, accélérations, refroidissement, tension des courroies, etc.

Il peut être tentant de passer directement à de grandes pièces « utiles » après ces premiers succès, mais conserver une routine de calibration régulière (par exemple, un Benchy tous les quelques mois ou après une grosse modification) vous permettra de garder un œil sur l’état de votre imprimante 3D. Pensez à noter vos profils les plus efficaces dans votre trancheur, voire à créer des profils distincts pour chaque matériau (PLA, ABS, PETG, TPU) et chaque usage (prototypage rapide, impression de précision, pièces fonctionnelles).

Analyse comparative face aux concurrents ender 3 V2 et artillery sidewinder X1

La Tronxy X5SA ne vit pas dans un vide concurrentiel : elle se positionne face à des références populaires comme la Creality Ender 3 V2 et l’Artillery Sidewinder X1, souvent citées comme des valeurs sûres pour les makers. Comment cette CoreXY grand format se compare-t-elle à ces deux cartésiennes bien établies ? Pour répondre à cette question, il faut regarder au-delà des seules fiches techniques et considérer l’expérience utilisateur globale.

Face à l’Ender 3 V2, la X5SA propose un volume d’impression nettement supérieur et une cinématique plus rapide en théorie, grâce au système CoreXY. En revanche, l’Ender est réputée pour sa communauté massive, sa simplicité de mise en route et la profusion de tutos et de profils prêts à l’emploi. La Tronxy X5SA demandera plus d’implication initiale, mais offrira à terme une plus grande marge de manœuvre pour les projets de grande taille. Si vous débutez totalement en impression 3D, l’Ender 3 V2 reste plus rassurante ; si vous avez déjà des bases et que vous visez le grand format, la X5SA devient plus pertinente.

Comparée à l’Artillery Sidewinder X1 (ou X2), la X5SA joue dans une catégorie similaire en termes de volume, mais avec une philosophie différente. La Sidewinder mise sur une architecture cartésienne avec extrudeur direct drive, très appréciée pour le TPU et les impressions rapides en PLA, tandis que la X5SA mise sur la légèreté de la tête avec un Bowden et la cinématique CoreXY. En pratique, la Sidewinder sera souvent plus simple à apprivoiser pour un usage polyvalent, mais la X5SA pourra offrir de meilleures performances en mouvements rapides une fois correctement optimisée.

En termes de prix, les trois machines se situent dans une fourchette proche, même si les promotions fréquentes peuvent brouiller les pistes. La vraie différence se fait sur le « profil utilisateur » : si vous recherchez une imprimante 3D clé en main, peu modifiable, l’Ender ou la Sidewinder vous conviendront mieux. Si, au contraire, vous aimez bricoler, ajuster, upgrader et exploiter un grand volume d’impression avec une cinématique CoreXY, la Tronxy X5SA représente une base intéressante, à condition d’accepter sa part de mise au point.

Optimisations recommandées et upgrades essentiels pour l’amélioration des performances

Comme beaucoup d’imprimantes FDM abordables, la Tronxy X5SA donne le meilleur d’elle-même après quelques optimisations ciblées. Loin d’être un défaut, cette capacité d’upgrade fait partie de son ADN : la machine est pensée comme une plateforme évolutive plutôt que comme un produit figé. Quelles sont alors les améliorations les plus pertinentes pour gagner en fiabilité, en qualité d’impression et en confort d’utilisation ?

Sur le plan mécanique, le remplacement des guides à billes plastiques par des modèles métalliques de meilleure qualité est souvent cité comme une priorité, surtout pour le plateau en Z. Le renforcement des angles du châssis par des équerres additionnelles imprimées ou en métal améliore également la rigidité globale, particulièrement utile pour limiter le wobble sur les impressions hautes. Enfin, la re-tension régulière des courroies GT2 et le contrôle de la parallélité des axes contribuent à stabiliser les performances dans le temps.

Côté extrusion et hotend, plusieurs upgrades apportent un gain sensible : adoption d’un tube PTFE de type Capricorn pour réduire le frottement interne, installation d’un heatbreak tout métal pour les hautes températures, voire passage à une hotend de type Volcano pour les gros débits sur de grandes pièces. Pour ceux qui souhaitent imprimer beaucoup de TPU ou de matériaux souples, la conversion en direct drive (via un kit dédié ou une adaptation maison) peut transformer le comportement de la machine, au prix d’une légère réduction des vitesses maximales.

Sur le plan électronique et logiciel, l’ajout d’un capteur de nivellement automatique (BLTouch ou inductif) est probablement l’upgrade le plus confortable : il simplifie les mises à niveau fréquentes du plateau et fiabilise la première couche sur le grand volume de 330×330 mm. Couplé à un firmware Marlin correctement configuré, vous pourrez mettre en place un mesh leveling fin, des sécurités thermiques renforcées et, selon votre carte, des fonctionnalités avancées comme le Linear Advance pour améliorer la gestion de la pression dans la buse.

En définitive, la Tronxy X5SA est une machine qui récompense les utilisateurs prêts à s’investir un minimum dans la compréhension et l’amélioration de leur outil. Avec quelques optimisations bien choisies, elle se transforme en une imprimante 3D grand format performante, capable de rivaliser avec des modèles bien plus onéreux sur des projets d’envergure. Si vous acceptez cette dimension « maker », la X5SA peut devenir le cœur d’un atelier d’impression 3D polyvalent et évolutif.

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